La transition vers les énergies renouvelables est une priorité absolue à Batloun, au Liban*

M. Marwan Kaiss est le maire de Batloun, au Liban, depuis 2016. Batloun est une petite ville du district du Chouf, qui fait partie de la réserve de biosphère éponyme. Sa beauté naturelle, sa proximité avec la réserve et sa riche histoire en font un lieu privilégié pour le tourisme environnemental et culturel.

Le maire Kaiss souhaite que Batloun devienne une « ville verte » et a mis en œuvre son Plan d’action de l’énergie durable et du climat (PAEDC). La participation de la ville au projet Clima-Med et son adhésion à la Convention régionale des maires de la Méditerranée ou CdM-Med ont été déterminantes à cet égard.

Grâce à la coopération des citoyens et au soutien continu de la communauté internationale, le maire Kaiss a l’intention de mettre Batloun sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de la région sud de la Méditerranée à l’horizon 2030. Il a donné une interview pour DAI Global, chef de file du consortium chargé de la mise en œuvre du projet Clima-Med financé par l’UE, juste avant la COP26 à Glasgow, au Royaume-Uni.

Quelle était la situation à Batloun avant que vous ne soyez associé au projet Clima-Med ?

« Lorsque j’ai pris la responsabilité du conseil municipal de Batloun en juin 2016, il n’y avait aucun projet de développement dans ce domaine. Mes collègues et moi-même avons donc établi un plan stratégique pour notre mandat de six ans, avec pour objectif de faire de Batloun un modèle de ville écologique. »

Pourquoi souhaitiez-vous impliquer Batloun ?

« Batloun est située dans la Réserve de biosphère du Shouf-la plus grande réserve naturelle de cèdres du Liban. C’est pourquoi nous et nos villes voisines avions déjà une vision durable et écologique de l’avenir. Le projet Clima-Med, financé par l’Union européenne, est arrivé à un moment oppurtun pour apporter le soutien de la communauté internationale et nationale du développement afin d’atteindre notre objectif d’émissions pour 2030. »

Qu’est-ce qui a changé pour vous, votre équipe et la ville depuis que vous avez commencé à travailler avec Clima-Med ?

« Travailler avec Clima-Med nous a montré un moyen de réaliser notre vision, en nous ouvrant des portes et en nous guidant tout en bénéficiant du soutien de la communauté internationale. Cela inclut l’adhésion à la Convention régionale des maires de la Méditerranée (CdM-Med). * Ce partenariat a abouti à la fourniture d’énergie solaire aux trois bâtiments publics de Batloun (le bâtiment de la municipalité et deux écoles publiques) grâce à la coopération entre Clima-Med et le projet CEDRO V au Liban. »

Parlez-nous des défis auxquels vous faites face et de la manière dont vous les surmontez.

« Le principal défi est d’ordre financier. Le Fond indépendant des municipalités, qui collecte toutes les taxes municipales prélevées par différents services gouvernementaux (services publics, douanes et impôts fonciers, par exemple) n’a pas réussi, ces trois dernières années, à respecter son engagement de redistribuer ces fonds pour des projets de développement local. Nous sommes également confrontés à un manque de soutien de la part du gouvernement : il n’y a pas d’entretien de l’éclairage public sur les routes principales, ni d’approvisionnement continu en électricité ou en eau potable, et les travaux sur le réseau d’égouts, dont nous avons tant besoin, n’ont toujours pas commencé.

« C’est pourquoi nous avons pris l’initiative et, dans le cadre de notre travail pour mettre en œuvre notre plan d’action contre le changement climatique, nous recherchons des solutions alternatives. Nous avons commencé à gérer les déchets solides il y a trois ans, en nous concentrant sur le tri des déchets à partir de leur point d’origine, et nous sommes en train d’installer une usine de traitement des déchets organiques. Nous avons reçu un soutien pour ces projets par le biais de l’initiative de promotion du recyclage et de la réutilisation pour alléger le volume des déchets Diverting Waste by Encouraging Reuse and Recycling (DAWERR) de l’USAID. Cependant, nous devons disposer d’une énergie propre et renouvelable pour faire fonctionner la centrale. »

*Source: Lire l’interview complète du maire Kaiss donnée à DAI Global ici 

Photo de couverture : Clima-Med/Wadih Chehaibar

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