Réchauffement de la planète, vagues de chaleur extrêmes et incendies de forêt : le rapport du GIEC tire la sonnette d’alarme *

Propulsés par une vague de chaleur intense, les incendies de forêt ont dangereusement gagnés le pourtour méditerranéen, leur intensité augmentant rapidement et libérant des fumées toxiques.

« Actuellement, 150 000 incendies sont en cours dans le monde et ont de fortes répercussions sur l’atmosphère », prévient Toussaint Barboni, membre du CNRS et maître de conférence à l’Université de Corse sur les feux de forêt. Leur fréquence et leur force augmentent avec le changement climatique et atteignent les régions du nord du globe qui ne sont pas habituées aux incendies et dont les pompiers sont moins bien préparés à ce risque. Les fumées et un grand nombre de composés chimiques, principalement le CO2, le méthane, les oxydes d’azote sont émis et les particules libérées ont un effet chronique sur le corps humain et détériorent la qualité de l’air.

Faisant écho aux conclusions des scientifiques, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré :  » […] C’est une alerte rouge pour l’humanité. […] Si nous unissons nos forces maintenant, il est encore possible d’éviter la catastrophe climatique. Mais, comme le montre clairement le rapport d’aujourd’hui, il n’y a plus de temps à perdre ni d’excuses à proférer. Nous espérons que des réductions importantes des émissions de gaz à effet de serre pourraient stabiliser la hausse des températures.  »

L’évaluation des Changements climatiques 2021, les éléments scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies* décrit en détail les répercussions futures de la pollution par le carbone sur la région, qui a souffert ces deux dernières semaines de températures supérieures à la moyenne, tandis que la Grèce et la Turquie luttaient contre des incendies record. Cette étude historique est la première révision majeure de la science du changement climatique depuis 2013 et sa publication intervient moins de trois mois avant le sommet clé sur le climat à Glasgow – COP26. Le rapport met en garde contre des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations de plus en plus extrêmes, et contre le franchissement d’une limite de température clé en un peu plus d’une décennie.

Le rapport du GIEC identifie la Méditerranée comme une « zone à risque du changement climatique ». L’évaluation la plus complète des impacts climatiques jamais réalisée conclut que seul un scénario dans lequel le réchauffement climatique est limité à moins de 2 degrés Celsius (l’objectif central de l’Accord de Paris de 2015)  « est susceptible de maintenir les établissements côtiers, les sites du patrimoine culturel, les écosystèmes terrestres et océaniques dans un état viable dans la plupart des parties du bassin méditerranéen ».

Les plus d’un demi-milliard d’habitants du pourtour méditerranéen sont confrontés à des « risques climatiques fortement corrélés », indique un chapitre consacré à la région. Parmi les motifs d’inquiétude figurent les risques liés à l’élévation du niveau de la mer, les pertes de biodiversité terrestre et marine, les risques liés à la sécheresse, aux incendies de forêt, aux modifications du cycle de l’eau, à la mise en péril de la production alimentaire, aux risques sanitaires liés à la chaleur dans les zones urbaines et rurales et à la modification des vecteurs de maladies, ainsi qu’à l’augmentation des températures dans l’ensemble de la Méditerranée plus rapidement que la moyenne mondiale dans les décennies à venir.

Si ce rapport est plus clair et plus confiant quant aux inconvénients du réchauffement, les scientifiques ont davantage l’espoir que si nous parvenons à réduire de moitié les émissions mondiales d’ici à 2030 et à atteindre un niveau net nul d’ici au milieu du siècle, nous pourrons stopper, voire inverser, la hausse des températures.

« Si nous parvenons à atteindre le zéro net, nous espérons ne pas voir la température augmenter davantage ; et si nous parvenons à atteindre le zéro net de gaz à effet de serre, nous devrions finalement être en mesure d’inverser une partie de cette augmentation de température et d’obtenir un certain refroidissement », déclare le professeur Piers Forster de l’université de Leeds, au Royaume-Uni ».

* Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies, un groupe de scientifiques dont les conclusions sont approuvées par les gouvernements du monde entier.

Sources: 

  • Margaux Lacroux, Libération  » Réchauffement climatique – Pollution : « Les 150 000 feux en cours dans le monde ont des impacts sur l’atmosphère », publié le 4 août 2021 ; 
  • Matt McGrath, BBC, ‘” Climate change: IPCC report is ‘code red for humanity’”, publié le 9 août 2021
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