Le projet Clima-Med mène l’action climatique de l’UE dans la région du Sud de la Méditerranée 

Le 13 décembre, à l’occasion de la COP25 de la CCNUCC à l’IFEMA de Madrid, le projet Clima-Med et l’Union pour la Méditerranée (UpM) ont organisé un événement parallèle commun intitulé « Mesures réalistes pour accomplir les actions climatiques : du lancement des politiques à l’amélioration de l’accès aux financements liés au climat et la mise en œuvre des actions ».

Cet événement parallèle organisé par Clima-Med, qui s’est déroulé au pavillon de l’UE, a permis d’illustrer les efforts déployés par l’Union européenne pour encourager ses partenaires mondiaux à tous les échelons de la gouvernance et progresser dans la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN), en vertu de l’Accord de Paris. L’événement a rassemblé plusieurs représentants de haut niveau des gouvernements et des autorités locales de la région du sud de la Méditerranée, ainsi que des représentants de grandes organisations financières, afin d’exposer et de promouvoir les actions et les approches climatiques mises en œuvre dans la région.

L’événement fut une occasion de dresser un bilan et de mettre en évidence les contributions de dizaines de villes ainsi que leurs rôles dans l’intégration de la mise en œuvre des CDNs, grâce à des politiques et des projets d’atténuation et d’adaptation aux effets du climat. Il a également permis l’identification des financements publics internationaux du climat attirés par les projets dans la région. Myriam Makdissi, experte en communication de Clima-Med, a défini le cadre de la conférence en présentant le contexte de l’événement et en introduisant le thème principal et a animé la session.

S.E. Mokhtar Hammami, ministre tunisien des Affaires locales et de l’Environnement, qui figurait parmi les invités de marque de l’événement, a inauguré la séance : « La cause de la lutte contre le changement climatique est si importante qu’elle n’intéresse plus uniquement les hautes instances du pouvoir politique, mais elle intéresse aussi et surtout les décideurs locaux, les responsables municipaux, les entreprises, les associations, les instituts de recherche, les universitaires. »

H.E. Mokhtar Hammami, Minister of Local Affairs and Environment in Tunisia

S.E. Mokhtar Hammami, ministre des Affaires locales et de l’Environnement en Tunisie

M. Hammami a souligné la nécessité d’avoir une approche équilibrée pour développer les capacités des autorités nationales et locales de la région MENA, d’où, entre autres, l’initiative Clima-Med, « qui relie et crée des réseaux entre les villes méditerranéennes ». Il a également souligné le fait que les gouverneurs locaux se doivent de contrôler la question environnementale afin de mettre en œuvre les objectifs de développement durable (ODD).

« La Tunisie a toujours tenu à respecter les engagements internationaux au niveau des Nations Unies et de ses organisations. Et particulièrement sur les plans des transports, des équipements, des réseaux, de la lutte contre la pauvreté, du transfert de technologies, des énergies renouvelables, de la participation citoyenne et avant tout de l’implication des femmes, une question relative à l’égalité des sexes sur laquelle nous devons nous pencher », a déclaré M. Hammami.

La Commission européenne s’est engagée à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris avec des partenaires mondiaux de tous les niveaux de gouvernance. Dans son discours d’ouverture, M. Stefano Dotto, chef du secteur Changement climatique, Énergie, Environnement et Transports à la DG NEAR de la Commission européenne, a informé les participants que la Commission a adopté sa communication précisant comment mettre en œuvre l’Accord vert de l’UE, dont l’objectif est de faire de l’UE le premier continent au monde neutre pour le climat d’ici à 2050.

 

« Notre objectif est d’aider les pays partenaires à réviser, espérons-le vers le haut, et à atteindre leurs CDNs », a déclaré M. Dotto. Il a ajouté qu’à cette fin, il existe un certain nombre de projets de coopération bilatérale, convenus entre les différents partenaires et l’UE, et des programmes régionaux, qui profitent à tous les partenaires de la Région. « En outre, nous renforcerons les efforts visant à intégrer l’action climatique », a expliqué M. Dotto

Cela signifierait que « les conséquences sur le climat de chaque choix politique doivent être évaluées par rapport à son impact sur le climat, qu’il contribue positivement à l’agenda climatique et que cette action doit résister aux effets du changement climatique » tout en exigeant une forte coordination des décideurs ainsi que des donateurs.

M. Stefano Dotto, chef du secteur Changement climatique, Énergie, Environnement et Transports à la DG NEAR de la Commission européenne

M. Dotto a également souligné l’importance de la première année de mise en œuvre du projet Clima-Med « dans le cadre d’une approche plus large par laquelle nous soutenons également la consommation et la production durables de l’économie circulaire, l’énergie durable et le transport durable et la dépollution » dans le cadre de ses activités. D’après lui, les pays de la région sont confrontés à des défis similaires qui rendent l’approche régionale pertinente.

La Commission européenne attend avec intérêt que la déclaration ministérielle prenne en compte l’urgence de l’action climatique. « La préparation de la réunion ministérielle en 2020 bénéficiera de l’expérience de Clima-Med, et vice versa », a expliqué le représentant de la Commission européenne aux participants à l’événement parallèle conjoint de Clima-Med et de l’UpM. De son point de vue, Clima-Med (un projet labellisé par l’UpM) et les autres projets financés par l’UE devraient contribuer au travail de toutes les parties prenantes concernées par le renforcement de la coordination et de la simplification des processus internes entre les organes gouvernementaux ; les efforts déployés par les administrations locales pour renforcer leurs capacités et, avec le gouvernement national, identifier des moyens pour financer les investissements et le dynamisme du secteur financier.

M. Jihad Alsawair, Directeur de l’Unité de l’économie verte au sein du ministère de l’Environnement du Royaume hachémite de Jordanie, pays membre de la coprésidence de l’UpM, a souligné l’importance du financement de l’action climatique pour relever les défis du changement climatique dans la région. « L’UpM a entamé des travaux dans le cadre du Groupe d’experts sur le changement climatique de l’UpM et du Comité régional des finances pour le climat, afin d’évaluer les progrès de ses États membres pour attirer le financement international de l’action climatique, en particulier dans le contexte de la mobilisation des fonds des pays développés vers les pays en développement. »

M. Jihad Alsawair, Directeur de l’Unité de l’économie verte au ministère de l’Environnement du Royaume hachémite de Jordanie, faisant partie de la Coprésidence de l’UpM

M. Alsawair en exprimant la vision de l’UpM selon laquelle la région MENA doit accroître ses performances pour attirer du financement dans la lutte contre le changement climatique a expliqué que 63 % des investissements effectués dans les énergies renouvelables au Maroc, en Jordanie, en Turquie et en Égypte proviennent de l’UE et de ses États membres.

« On note des disparités entre les pays, et les mesures d’adaptation accusent un certain. Les résultats du rapport technique du MedECC révèlent l’impact négatif de l’augmentation des températures pour la région. Nous devons donc nous concentrer davantage sur la composante adaptation. Les investissements dans cette composante représentent seulement près d’un tiers des engagements d’atténuation, donc cela devrait augmenter », a également déclaré M. Jihad Alsawair.

Dans le cadre de son mandat, l’UpM peut renforcer la fourniture de données sur le financement de l’action climatique, en particulier sur l’adaptation. Compte tenu des informations recueillies sur le financement de l’action climatique, l’UpM a la capacité de soutenir l’émergence d’initiatives qui comblent l’écart entre les promoteurs de projets et les donateurs », a conclu M. Jihad Alsawair

M. Grammenos Mastrojeni, Secrétaire général adjoint de l’UpM

M. Grammenos Mastrojeni, Secrétaire général adjoint de l’UpM, a donné un aperçu clair des flux de financement de l’action climatique liés au financement de la lutte contre les changements climatiques dans la région méditerranéenne et des défis liés à la facilitation de l’accès au financement. M. Mastrojeni a donné une vue d’ensemble avant de présenter la méthodologie développée pour la Stratégie méditerranéenne de financement de l’action climatique ainsi que les résultats des études sur le financement international de l’action climatique de l’UpM (2019) dans la perspective de la deuxième Déclaration ministérielle sur l’environnement et le changement climatique (prévue pour octobre 2020).

M. Naguib Amin, chef d’équipe du projet Clima-Med financé par l’UE

M. Naguib Amin, chef d’équipe de Clima-Med, travaillant à la manière de formuler et d’appliquer des politiques, des plans d’action des villes et des modèles financiers d’atténuation et d’adaptation, a dressé un inventaire détaillé de la manière dont le projet contribue à la sensibilisation des autorités locales et nationales de la région MENA dans la mise en œuvre des CDNs et pour définir les actions locales dans ce sens.

Il a reconnu le support de la Commission européenne pour le progrès de l’assistance technique dans les huit pays couverts par Clima-Med ainsi que le renforcement de l’intégration grâce aux bonnes politiques et au travail effectué par les délégations de l’UE et les experts du projet sur le terrain.

Mondher Marzouk, Maire de Monastir (Tunisie)

M. Mondher Marzouk, Maire de Monastir (Tunisie) une municipalité de Clima-Med qui a été reconnue comme l’une des cinq villes chefs de file choisies pour leurs projets ambitieux et potentiellement porteurs de transformation sur le climat en milieu urbain dans le cadre du Global Cities Climate Challenge a pris la parole. Il a présenté le portefeuille de Monastir concernant les projets de financement, tant aux échelons national et municipal.

M. Marzouk a donné plus de détails sur le projet sélectionné dans le cadre du Global Climate City Challenge, organisé conjointement par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Convention mondiale des maires (GCoM). Les projets portent sur des éléments critiques de l’action en faveur du climat dans les villes. Y figurent notamment l’amélioration de la gestion des déchets, la réduction de la pollution des cours d’eau et des océans, la pérennisation du transport urbain, l’écologisation des espaces urbains et le renforcement de la résilience des villes face aux effets des changements climatiques. (En savoir plus)

Membre du panel d’intervenants, M. Vahakn Kabakian, Point focal Clima-Med, Directeur de l’Unité du PNUD sur les changements climatiques, ministère de l’Environnement, Liban, a expliqué les progrès du Liban sur la mise en œuvre des CDNs et la collaboration du PNUD à l’échelon national pour faire progresser les engagements du Liban concernant l’Accord de Paris.

M. Kabakian a également présenté le rôle des villes et leur capacité à manœuvrer dans le processus de gouvernance locale ; l’importance des exigences en matière de rapports (et de transparence dans l’information) dans toute action au niveau des villes.

M. Mohammed Sefiani, Maire de la ville de Chefchaouen (Maroc) a précisé l’approche de la municipalité pour attirer les flux de financement relatifs aux projets municipaux, par l’adaptation de la législation, le service de renforcement des capacités et de décentralisation flexible.
Établissant le lien entre l’élaboration des politiques basées sur des faits scientifiques et la faisabilité d’un projet climatique, l’événement parallèle a été une occasion utile d’établir le contact avec des organisations financières pour promouvoir le degré de préparation des villes en vue d’investissements potentiels.

M. Jan-Willem Van de Ven, responsable des finances à la BERD pour la composante « climat » et des marchés du carbone

M. Jan-Willem Van de Ven, responsable du financement climatique et des marchés du carbone, à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a présenté les opportunités et mécanismes de modélisation de financements et d’investissements réalisables et adaptés, avec un accent tout particulier sur le climat.

A travers le Programme de soutien CDN de la BERD et du programme de partenariat CDN, le mandat de la banque est de fournir un soutien à ses pays d’opérations sur deux aspects clés : développer, améliorer et mettre en œuvre des CDNs par le biais d’une assistance à la révision des CDNs et s’engager avec le secteur privé sur les CDNs par le biais de plateformes de discussion avec les décideurs. Dans le cadre de sa présentation, M. Van de Ven a présenté brièvement les projets de la BERD mis en œuvre avec succès dans la région MENA, notamment huit projets de photovoltaïque d’une capacité totale de 481 MW ont été finalisés dans le cadre du régime de tarifs de rachat.

M. Daouda Ndiaye de la Banque islamique de développement (BID) a parlé des défis majeurs liés au financement des mesures d’atténuation et d’adaptation des projets énergétiques et climatiques proposés par les autorités locales, dans les pays du sud de la Méditerranée. M. Ndiaye a également présenté la stratégie de la banque quant au financement climatique en Méditerranée.

M. Daouda Ndiaye de l’IsDB

« Il est plus facile d’investir dans l’atténuation : énergie, transport, énergie mondiale, efficacité énergétique des bâtiments, etc. Ce sont des domaines où les investissements sont énormes, de sorte qu’il est parfois plus facile d’obtenir des fonds. Tandis que l’effet de levier des subventions pour l’adaptation est assez difficile. Par conséquent, il y a une différence entre le financement du développement et le financement de l’adaptation, et l’investissement réalisé est lié à un risque climatique spécifique, un récit permettant de dissocier le développement et le financement de l’adaptation. Donc, quand il s’agit d’acteurs et d’alliances locales, il semble parfois difficile d’entrer dans ce récit et de trouver le bon financement pour ces activités », a déclaré M. Daouda Ndiaye. Il a également expliqué que la BID investit dans l’apport d’une plus grande résilience de ses acteurs dans les pays : « Nous avons entendu dire que les administrations locales n’avaient pas accès aux mêmes ressources que les gouvernements nationaux. Ce manque de communication doit être abordé du niveau national au niveau local, afin que les fonds puissent être distribués aux administrations locales »

Georges Youssef, Maire de Menjez (Liban)

  1. Georges Youssef, Maire de Menjez (Liban) a expliqué les possibilités et les obstacles potentiels pour accéder au financement climatique au Liban.

Son exposé a fourni un cadre détaillé sur le rôle des administrations, des unités financières, des besoins en capacité et en politique pour les projets, afin d’atteindre la phase de mise en œuvre dans le pays.

Lors de l’événement parallèle, Clima-Med a présenté une courte vidéo illustrant le succés rencontré par la récente campagne régionale de la Journée plantation, organisée avec les bénéficiaires du projet et les municipalités de la région méditerranéenne. La campagne a reçu l’appui de l’Union européenne et les Journées de plantation ont été largement adoptées par nos partenaires aux échelons national et local, car nous avons reçu un grand nombre de photos et vidéos lors des événements organisés par chaque municipalité.

En outre, une exposition avec des photos des Journées locales de plantation a été organisée au Pavillon de l’UE à la COP25.

Photo de groupe avec les membres de l’équipe de Clima-Med à la COP25, devant l’exposition de photos de la Campagne régionale de plantation, organisée au Pavillon de l’UE

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