« Lorsqu’un premier cyclone survient », a déclaré Doreen Miller Robinson, administratrice spéciale du conseil municipal de la ville de Labasa aux Fidji, « on pense que c’est de la malchance, que ça n’arrive qu’une fois tous les 50 ans ». Cependant, lorsque ce cyclone a été suivi de peu par un autre, puis encore par un autre, tous aussi dévastateurs les uns que les autres, il s’est avéré évident pour le conseil qu’il s’agissait d’un phénomène météorologique induit par le changement climatique et que nous n’avions plus d’autre choix que de s’y adapter.

Labasa n’est qu’une des nombreuses villes qui ont partagé leurs expériences en matière de lutte contre le changement climatique lors de la CoP28, à l’occasion d’un événement parallèle de l’Union européenne organisé conjointement par la Convention Mondiale des Maires pour le climat et l’énergie (CMdM) et la Convention des Maires pour la Méditerranée (CdM Med). L’événement a permis de démontrer que les approches du changement climatique sont aussi diverses que communes, les dirigeants locaux du monde entier déployant des stratégies originales ancrées dans des thématiques communes.

Énergies renouvelables et développement durable

Le fait que Labasa se tourne vers l’énergie solaire dans le cadre de ses efforts d’atténuation reflète une tendance plus générale. À Baalbeck Est, au Liban, Ali Shokor, maire et président de l’Union des municipalités, a introduit les panneaux solaires pour freiner la hausse de la demande de diesel dans un contexte d’augmentation de la population due à la crise en Syrie. « Cela a permis à la municipalité d’économiser 400 dollars américains par mois sur une consommation d’énergie équivalente à 450 litres de diesel, réduisant ainsi le coût économique et les nombreuses émissions de dioxyde de carbone ».

Pour André Granda, préfet de Pastaza, en Équateur, les panneaux solaires sont une solution pour répondre aux besoins énergétiques des communautés isolées. « Nous allons distribuer des panneaux photovoltaïques à 150 communautés de la région », a annoncé M. Granda.

Biodiversité et patrimoine culturel

M. Granda a également souligné le rôle essentiel des écosystèmes tels que l’Amazonie dans la lutte contre le changement climatique. « Nous ne pouvons pas parler du changement climatique sans parler de l’Amazonie », a-t-il déclaré pour expliquer sa décision de faire fi de l’approche conventionnelle consistant à construire des routes et d’opter pour une approche multimodale consistant à relier les communautés en s’inspirant de l’utilisation des voies d’eau par les autochtones.

Marwan Kaiss, maire de Batloun, au Liban, associe également son approche du développement durable au respect de la nature et de la biodiversité. Sa ville travaille avec la Réserve de biosphère pour lutter contre les incendies de forêt en transformant les arbres excédentaires en briquettes de bois afin de créer localement une source d’énergie. « C’est un parcours semé d’embûches », a rappelé M. Kaiss, « et avec la Convention des mMires pour la Méditerranée qui met en œuvre le Plan d’action pour l’accès à l’énergie durable et le climat, il nous tarde de poursuivre ce cheminement ensemble. »

Renforcer les moyens des jeunes

Toutes les villes présentes ont souligné l’importance de travailler avec les acteurs et les communautés locales, qu’il s’agisse des autochtones de Pastaza, des organisations internationales et des ONGs à Batloun ou des vendeurs de Kota Kinabalu. La jeunesse est un groupe démographique clé sur le plan de la mobilisation.

Nada Mohamed Global Shapers Community’s Alexandria Hub a souligné l’importance d’adopter un langage adapté pour toucher les jeunes esprits : « Il y a beaucoup de jargon, ce qui dissuade les gens de s’impliquer davantage » Noorliza Awang Alip, maire de Kota Kinabalu en Malaisie, s’est fait l’écho de ces propos en soulignant l’engagement des jeunes membres du personnel dans la planification d’une ville durable. Elle a déclaré à propos des jeunes de la ville : ce sont les architectes de notre vision durable », tout en soulignant l’importance d’interagir avec eux non pas « en tant que maire », mais en tant qu’amie.

« Les jeunes ont la capacité de façonner l’avenir, mais il est crucial d’agir maintenant », a insisté Manuel Pala, président d’Across the Sea : Our bond to the Mediterranean. Il a expliqué que son organisation de jeunesse mettait l’accent sur la coopération avec les institutions publiques dans des villes comme Izmir et Gênes et sur le développement de projets locaux visant à lutter contre l’érosion des côtes marines.

Créer des villes vertes

L’innovation en matière d’urbanisme et d’infrastructure était également une thématique récurrente. La gestion des déchets et l’économie circulaire sont des thèmes clés pour Miller Robinson et Kaiss. Nabil Alkofahi, maire du Grand Irbid, en Jordanie, a décrit la transformation de sa ville grâce aux bâtiments écologiques, à la conversion au LED, à l’électrification de la flotte municipale et à l’automatisation des services grâce au programme Climate for Cities (C4C). « Nous avons déployé les plus grands moyens pour lutter contre le changement climatique en rejoignant la Convention des maires pour la Méditerranée et en bénéficiant de leur aide pour accomplir des progrès », voilà ce qu’a déclaré M. Alkofahi, en rappelant l’objectif de sa ville de réduire ses émissions de 40 % d’ici 2030.

M. Kaiss a mis l’accent sur le tri et les réalisations à long terme pour sa ville, qu’il s’agisse de réduire les factures d’énergie municipales ou d’instaurer un changement durable. « Ce n’est pas pour moi, mais pour nos enfants et nos petits-enfants. »

Collaboration internationale et initiatives locales

La synergie entre la coopération internationale et les initiatives locales est l’essence même de l’action climatique efficace. La Convention Mondiale des Maires et les Conventions régionales telles que la Convention des Maires pour la Méditerranée ont été évoquées avec enthousiasme par les municipalités comme des partenaires clés dans le cadre des initiatives locales, apportant un soutien, contribuant à l’ambition et encourageant la collaboration.

Ces dirigeants, par leurs approches différentes, poursuivent un objectif commun. Comme l’a demandé Miller Robinson, lorsque nous constatons « l’impact du changement climatique, que faisons-nous pour y remédier ? » La réponse, comme en témoignent les actions menées par sa municipalité et ses homologues, réside dans l’approche collective, innovante et engagée des communautés et des dirigeants du monde entier : une approche facilitée par le Pacte mondial des maires.

Pour en savoir plus, vous pouvez visionner l’intégralité de l’événement ici.

Lorsque les villes s’impliquent dans des alliances telles que la Convention Mondiale des Maires, elles démontrent leur leadership et donnent l’exemple aux villes du monde entier dans l’espoir que toutes les municipalités puissent contribuer à la solution globale pour faire face aux effets du changement climatique. Par conséquent, les maires et le personnel technique municipal s’engagent dans la préparation d’un plan d’action pour le climat, qui comprend la définition d’une vision claire de l’avenir de la ville qui apportera des changements tout en mettant l’accent sur le principe de “ne laisser personne de côté”. De la phase d’engagement à celle du reporting, les villes se trouvent à différents stades de leur parcours, s’efforçant toutes d’atteindre un développement à faibles émissions et résilient aux effets du changement climatique. Cet événement parallèle a permis de mettre en valeur et d’honorer la détermination, le talent et l’engagement des autorités locales qui sont essentiels à la transition en matière de développement durable en faisant un pas en avant dans la lutte contre le changement climatique et ses effets.

La Convention Mondiale des Maires pour le climat et l’énergie (CMdM) est la plus grande alliance mondiale pour le leadership des villes en matière de climat, réunissant une coalition internationale de plus de 13 000 villes et gouvernements locaux et plus de 100 partenaires financiers.

Le Convention des Maires pour la Méditerranée (CdM Med) est une coalition méditerranéenne qui rassemble et soutient les collectivités locales de cette région du monde dans leur lutte contre le changement climatique : Site web de la CdM Med.

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